PER : la fin de la déductibilité des versements après 70 ans — ce qui change depuis 2026
Dernière mise à jour : 8 sept.
Le Plan d'Épargne Retraite reste l'une des enveloppes les plus avantageuses pour préparer sa retraite tout en réduisant son impôt. Mais la loi de finances pour 2026 (loi n° 2026-103, articles 9 et 10) est venue changer une règle que beaucoup d'épargnants ignorent encore : depuis le 1er janvier 2026, les versements réalisés sur un PER après 70 ans ne sont plus déductibles du revenu imposable. Voici ce que cela change concrètement, et comment adapter votre stratégie selon votre âge.

Ce qui change concrètement
Jusqu'au 31 décembre 2025, il était possible de verser sur un PER et de déduire ces sommes de son revenu imposable quel que soit son âge, dans la limite du plafond applicable. Ce n'est plus le cas : à partir de votre 70e anniversaire, chaque versement volontaire perd automatiquement son avantage fiscal à l'entrée.
Votre PER reste ouvert, et vous pouvez continuer à y verser de l'argent après 70 ans — rien ne vous en empêche techniquement. Mais ces nouveaux versements sont désormais traités comme des versements non déductibles, au même régime que l'option de non-déductibilité qui existait déjà pour certains épargnants avant la réforme.
Quelle fiscalité pour ces versements non déductibles ?
Concrètement, si vous versez après 70 ans puis retirez votre épargne sous forme de capital :
La part correspondant à vos versements n'est pas soumise à l'impôt sur le revenu ni aux prélèvements sociaux, puisqu'elle n'a pas ouvert droit à déduction à l'entrée — logique, vous avez déjà payé l'impôt sur cette somme au moment où vous l'avez perçue.
Les plus-values générées par ces versements sont, elles, imposées au Prélèvement Forfaitaire Unique, dont le taux global atteint désormais environ 31,4 % en 2026 (contre environ 30 % auparavant), du fait de la hausse parallèle des prélèvements sociaux sur l'épargne (passés à 18,6 %, avec la création d'une nouvelle Contribution financière pour l'autonomie).
Autrement dit : votre PER ne perd pas tout intérêt après 70 ans, mais il perd son principal atout — l'économie d'impôt immédiate à l'entrée.
La bonne nouvelle qui accompagne cette réforme
En contrepartie, la loi de finances 2026 a étendu la durée de report des plafonds de déduction non utilisés, qui passe de 3 à 5 ans. Concrètement, un épargnant qui n'a pas saturé ses plafonds des années précédentes peut désormais les cumuler sur une fenêtre plus large — un vrai levier pour les personnes qui approchent de 70 ans et souhaitent rattraper plusieurs années de plafonds non utilisés avant que la déductibilité ne s'arrête pour elles.
Ce qui ne change pas
Le plafond minimum garanti reste fixé à 10 % du plafond annuel de la Sécurité sociale (PASS), soit 4 806 € en 2026 — même en l'absence de revenus professionnels.
La mutualisation des plafonds entre conjoints ou partenaires de PACS est maintenue : vous pouvez toujours utiliser le plafond non consommé de votre conjoint.
Les plafonds restent indexés sur le PASS, revalorisé à 48 060 € en 2026.
Quelle stratégie adopter selon votre âge ?
Avant 60 ans — Rien ne change pour vous dans l'immédiat : continuez à verser en priorité sur les années où votre tranche d'imposition est la plus élevée, pour maximiser l'économie d'impôt.
Entre 60 et 70 ans — C'est la période clé pour profiter pleinement de la déductibilité avant qu'elle ne s'arrête. Avec le report désormais étendu à 5 ans, c'est aussi le moment d'envisager des versements plus importants si vous avez des plafonds non utilisés à rattraper, notamment en cas d'année de revenus exceptionnels (cession d'entreprise, prime, forte activité pour un indépendant).
Après 70 ans — La logique change : le PER n'apporte plus d'avantage à l'entrée, mais reste un support de capitalisation valable. Selon votre situation, il peut devenir plus pertinent de réorienter vos nouveaux versements vers une assurance-vie — dont la fiscalité de transmission reste, elle, inchangée par cette réforme — ou de vous concentrer sur l'organisation de la transmission de votre patrimoine existant.
Un point à connaître : selon plusieurs analyses spécialisées, les versements déjà effectués avant le 1er janvier 2026 conserveraient, pour leur fiscalité de sortie, le cadre applicable au moment où ils ont été versés. Ce point mérite néanmoins d'être confirmé au cas par cas, l'administration fiscale précisant progressivement sa doctrine sur cette réforme récente.
Pourquoi cette réforme ?
Les pouvoirs publics justifient ce changement par la volonté de recentrer l'avantage fiscal du PER sur sa vocation d'origine : préparer sa retraite pendant la vie active, plutôt que d'en faire, sur le tard, un outil d'optimisation fiscale ou de transmission patrimoniale.
En résumé
Que vous ayez 55, 65 ou déjà 71 ans, cette réforme change la donne dans le calendrier de vos versements. Plus vous vous rapprochez de 70 ans, plus il devient important de vérifier vos plafonds disponibles et d'arbitrer, le cas échéant, entre PER, assurance-vie et autres enveloppes selon votre horizon réel.




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